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Jeunes et Cité

Publié par Xavier Claudel

le 05/07/2012

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Description

Un après-midi à Champ-le-Boeuf, rencontre avec l’association Jeunes&Cité.
C’est dans leur local qu’un petit débrouillard est accueilli par Martin, employé de l’association, et par Gaëtan, 12 ans et habitant du quartier, pour une interview de Martin.

Gaëtan : « A quoi sert Jeunes&Cité ? »

Martin : « A quoi ça sert ? Eh bien Jeunes&Cité est une association de prévention spécialisée. Ce qui veut dire, que le conseil général de Meurthe et Moselle nous demande d’intervenir autour de Nancy, comme ici à Champ-le-Boeuf qui est l’une de nos implantations. On est présents dans les quartiers, nous accueillons les jeunes de 12 à 18 ans en difficulté familiale, sociale et/ou scolaire. Pour les jeunes de 18-25 ans, nous les aidons à trouver du travail. Enfin nous accompagnons également les familles, en organisant des sorties en famille, avec parents et enfants... »

G : « Comme Nigloland. »

M : « Oui voilà, comme Nigloland. »

G : « Que fait-on à Jeunes&Cité ? »

M : « On essaie de faire le maximum de choses différentes. Afin de pouvoir intéresser un maximum de jeunes, et surtout de pouvoir les accompagner sur le long terme. Par exemple on fait l’accompagnement scolaire ; les sorties ; la salle des jeunes (où ils ont accès à des jeux, un babyfoot, des livres, de la musique et un endroit où se poser) ouverte le mercredi après-midi et le vendredi soir ; les ateliers hors-scolaires comme l’atelier vélo ; des chantiers pour que les jeunes puissent gagner quelques sous et participer à la construction du quartier ; ou encore des formations...
Après nous travaillons aussi avec les familles, avec elles nous avons plus un rôle d’écoute et d’accueil, nous les guidons dans certaines démarches administratives ; ou tout simplement nous les invitons à participer aux activités que nous organisons, comme la couture.
En fait, à la différence des éducateurs ponctuels envoyés chez une famille pour les aider, nous sommes constamment présents sur le quartier. Ce qui fait que nous pouvons développer des actions sur le quartier qui profiteront à tout le monde. Nous nous occupons de « favoriser le lien social », ce qui signifie que nous aidons les gens à créer des liens entre eux, alors ça peut être des liens d’amitié. Comme par exemple les mamans qui participent à l’atelier couture et qui parfois deviennent copines. »

G : « Qui travaille à Jeunes&Cité ? »

M : « Alors il y a les employés permanents comme moi. Nous sommes payés par l’asso, elle est notre patron. Il y a donc trois permanents que tu connais, Nathalie, Olivier et moi. Après nous prenons également des bénévoles pour nous aider, le plus souvent des gens du quartier, même des jeunes ! »

G : « Comme pour les travaux ? »

M : « Non pas vraiment, les travaux appartiennent à ce que nous appelons ici les chantiers, et les jeunes sont payés quand ils font ça. Sinon nous payons également des gens qui viennent pour un temps donné, et une mission donnée. C’est ce qu’on appelle les vacataires. La plupart du temps ce sont des étudiants pour l’accompagnement scolaire, ou un responsable pour l’atelier vélo, etc... Il y a aussi des services civiques, qui sont payés par l’état pour venir faire une mission chez nous. Tu auras compris qu’il y a beaucoup de monde qui passe par J&C, sans parler des éducateurs stagiaires qui font leur stage pour l’école. »

G : « Qui vient à Jeunes&Cité ? »

M : « D’abord, personne n’est obligé et presque tout est gratuit. C’est ce qu’on appelle la libre adhésion. Donc les personnes qui viennent le font par envie ou besoin, x ou y... ». En règle générale, les jeunes scolarisés de 12 ans et plus sont accueillis. Parmi les 16 et plus, nous accueillons également les jeunes qui ne sont pas scolarisés afin de les aider à justement se trouver une place dans la société. »

G : « Où se trouve Jeunes&Cité ? »

M : « Ici à Champ-le-Boeuf, nous sommes au 3, rue de la Crusnes à Maxéville. »

G : « Donc sur le plateau ? »

M : « Oui tout à fait, sur le plateau de Haye, nous disposons également d’autres locaux sur le quartier où nous rangeons notre matériel pour les actions près de ces locaux. Mais notre principal local est ici, et il est d’ailleurs mis à disposition par la mairie, ce qui nous permet d’économiser le loyer et d’investir cet argent dans autre chose. »

G : « Depuis quand ça existe ? »

M : « Alors Jeunes&Cité existe depuis 1973. Et nous sommes implantés à Champ-le-Boeuf depuis 1980. »

G : « Est-ce que ça a évolué ? »

M : « Oui oui, au début nous ne travaillions qu’avec des jeunes de 12 à 18 ans. Mais, petit à petit, nous avons compris que pour être efficace il fallait aussi toucher les parents, nous avons alors développé des actions pour la famille. Après il y a eu une forte augmentation du chômage des jeunes, ce qui nous a poussé à les aider eux aussi.
Alors nous avons évolué en fonction de notre public, mais aussi en fonction des gens qui travaillaient dans l’asso, ce qu’ils aimaient, voulaient faire... Par exemple moi j’aime beaucoup le basket alors j’ai tenu à partager ça avec les jeunes en organisant des tournois. »

G : « Y’a des tournois de foot aussi ! »

M : « Oui vous aimez beaucoup le foot... Trop même ! » (rires)

G : « Non, jamais trop ! » (rires)

M : « Sinon pour reprendre nous avons également les ateliers vélo qui sont très récents et qui permettent à un jeune de réparer un vélo à partir de pièces détachées et de repartir avec son vélo... Notre évolution dépend aussi des moyens. »

G : « Avec quelles autres associations vous travaillez ? »

M : « Nous travaillons avec beaucoup d’associations, et en même temps pas beaucoup ; en fait il n’y a pas assez d’associations sur le quartier. Pour résumer je dirai qu’il y a le comité des fêtes du quartier, que nous avons participé à fonder ; les Petits Débrouillards et leur programme « adolescience » ; ESAF 54 qui œuvre dans la solidarité des familles ; la MJC de Maxéville ; le collège La Fontaine ; les mairies de Maxéville et Laxou ; les missions locales pour l’emploi ou encore les associations du Haut-du-Lièvre...

G : « Que faites-vous en cas de problème avec un jeune ? »

M : « Les conflits entre l’asso et les jeunes sont souvent dus à une incompréhension : par exemple un jeune propose une idée et nous refusons. Le jeune ne comprend pas et devient agressif. Le truc c’est d’essayer de résoudre le conflit en discutant avec lui d’abord, de lui expliquer notre position, etc... Si le problème persiste et qu’il y a insultes, nous pouvons exclure le jeune pour une semaine, mois...
Mais notre objectif est surtout de créer un lien de confiance avec eux, pour un accompagnement éducatif, qu’ils puissent bâtir des projets d’avenir. Il est difficile de savoir si nous avons été efficaces, nous ne sommes pas le seul facteur, la seule influence, mais j’ai déjà eu des retours de « jeunes vieux » qui revenaient et me disaient « Heureusement que vous avez été là... ». On ne peut donc qu’espérer avoir réussi ! »

G : « Merci Martin. »

M : « Merci à toi. »

Interview réalisée par : Gaëtan Stengel.

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